Aller au contenu

AuvergneEn question

Les spécialités de l’Auvergne, du cantal à la lentille du Puy

Fromages de montagne, lentille du Velay, salaisons, viande d’herbage : l’Auvergne compte de nombreux produits protégés. Nous les présentons avec leurs règles et leurs dates, telles que les publie l’INAO.

Portrait d’Héloïse Vernières, cheveux châtains mi-longs, pull de laine écru, sourire discret, devant un mur de pierre clair et flouPar Héloïse Vernières, rédactrice en chef · mis à jour le

Une planche en bois avec plusieurs fromages de montagne entamés, un bol de lentilles vertes et quelques tranches de saucisson sec

Cinq fromages AOP, une même montagne

Le site de l’Association des fromages AOP d’Auvergne les nomme tous les cinq : bleu d’Auvergne, cantal, fourme d’Ambert, saint-nectaire et salers. L’association qui les regroupe date de 1987, et la filière revendique plus de 7 000 emplois directs. Ce sont tous des fromages au lait de vache, mais ils appartiennent à deux familles différentes.

Trois sont des pâtes pressées non cuites. Le saint-nectaire se fabrique à la ferme, au lait cru, juste après la traite, ou en laiterie avec le lait de plusieurs fermes ; il naît à plus de 700 m d’altitude, entre le Cantal et le Puy-de-Dôme. Le cantal, selon la fiche INAO du Cantal, demande plus de 30 heures de transformation du lait et s’affine 30 jours au minimum pour le plus jeune, 8 mois au minimum pour le cantal dit vieux. Le salers est exclusivement fermier et au lait cru, fabriqué du 15 avril au 15 novembre, quand les vaches sont à l’herbe, dans un récipient de bois appelé gerle.

Les deux autres sont des pâtes persillées. La fourme d’Ambert a la forme d’un cylindre à la croûte sèche et grise. Le bleu d’Auvergne est ensemencé de Penicillium roqueforti, puis piqué de grandes aiguilles pour laisser entrer l’air ; l’INAO cite un préparateur en pharmacie auvergnat qui mit au point des techniques de bleuissement en 1854. Pour aller plus loin, lisez nos pages sur la fourme d’Ambert AOP et sur le saint-nectaire fermier ou laitier.

Neuf produits d’Auvergne et leur première reconnaissance

ProduitSigne actuelPremière reconnaissance
Saint-nectaireAOPAppellation d’origine en 1955
Cantal ou fourme de CantalAOPAppellation d’origine en 1956
SalersAOPSalers Haute-Montagne reconnu en 1961
Fourme d’AmbertAOPAppellation d’origine en 1972
Bleu d’AuvergneAOPAppellation d’origine en 1975
Lentille verte du PuyAOPReconnaissance nationale en 1935, AOP en 1996
Fin gras du MézencAOPAOP depuis 2013
Jambon d’AuvergneIGPIGP depuis 2016
Saucisson sec d’AuvergneIGPIGP depuis 2016

La lentille verte du Puy, premier légume AOP

La fiche INAO de la Lentille verte du Puy le rappelle : elle est le premier légume à avoir obtenu une appellation d’origine protégée, en 1996, après une première reconnaissance nationale en 1935. Elle pousse en Haute-Loire, dans un climat d’été sec et ensoleillé qui suit un hiver long. Sa peau fine et son amande non farineuse expliquent sa cuisson rapide.

Une règle la distingue : elle doit obligatoirement être conditionnée dans le Velay, son pays d’origine. L’histoire de sa culture remonte probablement au XIe ou au XIIIe siècle, voire à l’époque romaine, comme le suggère une amphore contenant des lentilles retrouvée à Saint-Paulien.

Jambon et saucisson, deux IGP de 2016

On lit souvent que les salaisons d’Auvergne ont reçu leur IGP en 2015. La fiche INAO du Jambon d’Auvergne et celle du saucisson indiquent toutes deux 2016. Le jambon d’Auvergne est un jambon sec, jamais fumé, séché et affiné au moins 8 mois ; son sel de salage aromatisé lui apporte une touche d’ail.

Le saucisson sec et la saucisse sèche d’Auvergne sont faits de viande de porc exclusivement, avec du sel, des épices et un peu d’ail, le plus souvent dans un boyau naturel. Ils sont droits, enroulés ou en fer à cheval. L’INAO donne un indice pour les reconnaître : ils ne sont jamais enrobés d’herbes ou d’épices, ni fumés. Les deux IGP couvrent le Cantal, le Puy-de-Dôme et la Haute-Loire, une partie de l’Allier et quelques communes de la Corrèze et du Lot. Pour les garder à la maison, voyez la conservation du saucisson.

Une viande d’appellation sur le plateau du Mézenc

Le Fin gras du Mézenc est une viande AOP depuis 2013. La fiche INAO du Fin gras du Mézenc précise qu’il vient de génisses ou de bœufs élevés sur le plateau volcanique du Mézenc, non loin du Puy-en-Velay, et nourris surtout au foin. Les génisses doivent avoir au moins 2 ans et les bœufs 30 mois avant de quitter l’étable. L’engraissement d’hiver se fait à l’auge, avec des foins choisis à leur odeur et à leur couleur, où l’on trouve le fenouil des Alpes, appelé localement « cistre ».

Les plats du pays s’appuient sur ces produits

Truffade, aligot, potée ou pounti sont les plats auvergnats que l’on cite le plus souvent. La fiche d’inventaire du ministère de la Culture sur le fromage de Salers mentionne par exemple la truffade au salers parmi les usages actuels du fromage. Nous en restons ici au produit et à son appellation.

Un même fromage change d’ailleurs de caractère selon son âge. L’INAO décrit un cantal au goût lactique et légèrement acidulé quand il est jeune, qui devient fruité et intense en s’affinant. C’est la raison pour laquelle on trouve du cantal jeune, entre-deux et vieux.

Gentiane et produits de montagne

Reste une plante, la gentiane jaune. L’étude de FranceAgriMer sur la gentiane jaune rappelle qu’elle est cueillie dans tout le Massif central, surtout dans le Puy-de-Dôme, le Cantal, l’Aveyron et la Lozère, et que la production du Massif central avoisine 1 500 tonnes de racines fraîches par an. Sa racine sert à des eaux-de-vie et à des liqueurs : notre page sur l’alcool de gentiane en détaille les règles. Les fromages, eux, ont longtemps été fabriqués l’été dans les burons, ces cabanes de pierre des estives.

Questions de comptoir

Quels sont les produits marqueurs de l’Auvergne ?

Les cinq fromages AOP (bleu d’Auvergne, cantal, fourme d’Ambert, saint-nectaire, salers), la lentille verte du Puy AOP, le jambon et le saucisson d’Auvergne IGP, et la viande AOP Fin gras du Mézenc.

Combien y a-t-il de fromages AOP en Auvergne ?

L’Association des fromages AOP d’Auvergne en compte cinq : bleu d’Auvergne, cantal, fourme d’Ambert, saint-nectaire et salers. Le salers se distingue : il est exclusivement fermier et au lait cru.

Quel est le plat auvergnat le plus connu ?

La truffade et l’aligot sont les plus cités, avec la potée et le pounti. La fiche d’inventaire du ministère de la Culture sur le salers mentionne la truffade parmi les usages du fromage.

Une lentille du Puy peut-elle être emballée ailleurs ?

Non, pas sous l’appellation. L’AOP Lentille verte du Puy impose que la lentille soit conditionnée dans le Velay, sa zone d’origine, en Haute-Loire.

Lectures de la rédaction

  1. Association des fromages AOP d’Auvergne
  2. INAO, Saint-Nectaire (AOP)
  3. INAO, Cantal ou Fourme de Cantal (AOP)
  4. INAO, Salers (AOP)
  5. INAO, Fourme d’Ambert (AOP)
  6. INAO, Bleu d’Auvergne (AOP)
  7. INAO, Lentille verte du Puy (AOP)
  8. INAO, Jambon d’Auvergne (IGP)
  9. INAO, Saucisson sec d’Auvergne ou saucisse sèche d’Auvergne (IGP)
  10. INAO, Fin gras du Mézenc (AOP)
  11. Ministère de la Culture, fiche d’inventaire du patrimoine culturel immatériel, la fabrication du fromage de Salers
  12. FranceAgriMer, étude sur la gentiane jaune (2015)

Textes lus le ; ils peuvent avoir changé depuis.

Sur le même rayon

AuvergneEn question

Le bougnat

À Paris, un bougnat était d’abord le marchand de charbon auvergnat, puis le patron de café,…

AuvergneSavoir-faire

Les burons

Sur les estives du Cantal et de l’Aubrac, des maisons de pierre basses servaient à loger…

FromagesEn question

Les fromages AOP

Derrière le logo rouge et jaune d’un fromage AOP, il y a une aire, un cahier…