FromagesFiche produit
La fourme d’Ambert
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Même appellation, même zone, mêmes vaches : le saint-nectaire laitier et le saint-nectaire fermier se séparent au moment où le lait quitte l’étable. Nous avons comparé les deux fabrications à partir du cahier des charges révisé en 2025.
Par Héloïse Vernières, rédactrice en chef · mis à jour le

Le saint-nectaire est une seule AOP, reconnue en appellation d’origine depuis 1955. Elle couvre pourtant deux fromages que l’étiquette distingue : le saint-nectaire fermier, fabriqué à la ferme, et le saint-nectaire laitier, fabriqué en laiterie. L’interprofession rappelle que les deux fabrications cohabitent depuis plus d’un siècle.
Beaucoup de règles leur sont communes. La zone est la même, à cheval sur le Puy-de-Dôme et le Cantal, autour du massif du Sancy. Les règles d’élevage aussi : des vaches nées et élevées dans la zone, une ration de base faite d’herbe, un pâturage obligatoire d’au moins 160 jours par an dans le cahier des charges en vigueur, contre 140 dans le décret de 2007. L’interprofession insiste : l’alimentation des vaches et la production du lait obéissent aux mêmes conditions, quel que soit le lieu de fabrication.
En fabrication fermière, le cahier des charges homologué le 6 novembre 2025 impose un lait cru et entier, qui entre en fabrication sitôt la traite terminée. Le report et le mélange de traites sont interdits. Le producteur transforme donc le lait de son propre troupeau deux fois par jour, matin et soir.
En laiterie, le lait vient de plusieurs exploitations de la zone, collecté lors de tournées spécifiques. Il peut être utilisé cru ou traité thermiquement : le cahier des charges prévoit les deux cas. S’il reste cru, il est stocké 24 heures au plus à la ferme, soit deux traites, et emprésuré dès son arrivée. S’il est pasteurisé, il ne subit qu’un seul traitement (voir notre page sur le fromage pasteurisé). Le site de l’interprofession présente surtout le laitier comme un fromage au lait pasteurisé ou thermisé : c’est la pratique qu’il met en avant.
Les étapes se ressemblent, mais le texte de l’appellation les règle différemment. À la ferme, la coagulation dure de 25 à 45 minutes, le caillé est moulé dans des moules garnis d’une toile de lin ou de coton, salé à sec sur les deux faces, puis pressé au moins 10 heures, jusqu’à la traite suivante. Le délactosage, qui consiste à retirer une partie du sérum pour la remplacer par de l’eau, y est interdit.
En laiterie, la coagulation dure de 18 à 35 minutes et le caillé est découpé mécaniquement en grains de 2 à 5 millimètres. Le délactosage est permis, dans la limite de 30 % du volume de lait mis en fabrication. Le salage se fait en saumure ou au sel sec, et le pressage dure au moins une heure pour le grand format.
Le moyen le plus sûr de savoir ce que vous avez dans l’assiette reste la plaque collée sur une face du fromage. Pour le fermier, elle est verte et elliptique, de 45 mm sur 30 mm, et porte le mot « fermier ». Pour le laitier, le cahier des charges de 2025 décrit une plaque beige et carrée, de 35 mm de côté, marquée « laitier ». Les deux portent le numéro du fromage et celui de l’atelier.
L’étiquette donne la même information en toutes lettres : « fermier » ou « fabriqué en laiterie ». Le décret de 2007 voulait une plaque laitière verte et carrée, et le site de l’interprofession la dit translucide : le texte de 2025 fait foi.
Fermier ou laitier, le saint-nectaire existe en deux tailles. Le grand format mesure 20 à 24 cm de diamètre et pèse de 1,450 à 1,950 kg, après 28 jours d’affinage au moins. Le petit format, de 12 à 14 cm, pèse de 500 à 700 grammes et peut sortir après 21 jours. En cave, la température reste entre 6 et 14 °C, avec une hygrométrie d’au moins 90 %. Les fromages y sont lavés deux fois au moins, puis frottés et retournés chaque semaine.
Notre page consacrée à l’affinage des fromages compare ces règles avec celles d’autres appellations.
L’interprofession du saint-nectaire compte 14 500 tonnes de fromage, dont 8 500 tonnes de fermier et 6 000 tonnes de laitier. Elle présente le saint-nectaire comme la première AOP fermière d’Europe. La filière réunit 207 exploitations fermières, 225 exploitations laitières, 4 laiteries et 7 collecteurs de lait. Il faut de 12 à 14 litres de lait pour un fromage de grand format.
Le lait cru du fermier a une conséquence sanitaire. L’ANSES cite le saint-nectaire parmi les pâtes pressées non cuites à affinage court lorsqu’elle classe les dangers liés aux fromages au lait cru. Notre page sur les fromages au lait cru rappelle les recommandations des autorités.
Le fermier est fabriqué à la ferme avec le lait cru et entier d’un seul troupeau, sitôt la traite. Le laitier est fabriqué en laiterie avec le lait de plusieurs fermes, cru ou traité thermiquement. La plaque de caséine les distingue.
Oui. Le cahier des charges homologué en novembre 2025 autorise la laiterie à travailler le lait cru, stocké 24 heures au plus à la ferme et emprésuré dès son arrivée. Il peut aussi être pasteurisé, une seule fois.
Le cahier des charges exige surtout des vaches nées et élevées dans la zone. Il prévoit des dérogations pour raisons sanitaires ou pour des races peu nombreuses sur place : salers, ferrandaise, abondance, simmental française et brune.
Le grand format pèse de 1,450 à 1,950 kg pour 20 à 24 cm de diamètre. Le petit format, de 12 à 14 cm, pèse de 500 à 700 grammes. L’interprofession donne un poids moyen d’environ 1,7 kg.
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